Popodaï – Festival Mens (FR) 2022
Un énième festival ?
C’est quoi, d’ailleurs, un festival, quand on aimerait que chaque jour soit fête ? Et qu’est-ce que ça voudrait dire, un festival qui s’improvise en continu, autour de la poésie, des mouvements, de la poterie, des images…
Une sorte de lieu de l’impermanence, un temps, sur la page de l’à côté.
Un temps-espace pour en perdre les notions, un moment qu’on s’accorde pour se regarder en face, les un·es les autres, et se respirer. Jouer à faire miroir de tout, ensemble.
Quelque chose comme ça, comme des êtres qui n’auraient pas d’âge ou les auraient tous, qui courraient un peu partout et t’inviteraient à en être, à étreindre les mots, à mouvoir les corps, à traverser les voix, à griser les gestes, à s’étranger…
Chaque année, la gang s’agrandit et, au gré des possibles, des envies, des besoins, des vents et des marées, chacun, chacune revient ou reviendra – on se retrouve et on se raconte – et on fabrique ensemble le temps de ce temps, et on espère toujours qu’on s’y retrouvera l’année d’après, ou celle d’après, ou celle d’après après, ou celle d’après après après…
Et donc, non, ceci n’est pas un festival.
La rencontre du duo La Vis avec la danseuse Anan Atoyama a été soutenue par l’Association Amalthea – Genève.
LES ARTISTES
Anan Atoyama est née à Fukuoka, au Japon.
Après une enfance et une adolescence bercées par la danse classique, elle quitte l’archipel pour entreprendre des études de psychologie aux Etats-Unis.
C’est au cours de ces années qu’elle découvre la richesse de la danse moderne et, à nouveau happée par le mouvement, elle s’installe à New York durant trois ans.
Elle y étudie les courants de Martha Graham, Trisha Brown et Merce Cunnigham et participe à divers projets chorégraphiques.
Son expérience des attentats du 11 septembre 2001 à New York l’amène à participer pendant deux ans (2004-2006) au développement des Conservatoires de danse de Mahdia et de Monastir (Tunisie)
En 2007, de retour au Japon, elle présente sa première performance solo, Daichi, au festival Dance Hakushu organisé par Min Tanaka, où elle est réinvitée l’année suivante pour poursuivre son exploration chorégraphique.
Entre 2009 et 2011, elle est engagée par la compagnie AToU (France) et développe des projets au Nicaragua, en Italie et en Pologne, au travers de résidences artistiques et de festivals.
En 2012, elle chorégraphie Love, Madness and Mysticism sur la musique de John Zorn (rencontré lors sa période new yorkaise) ainsi qu’un projet d’improvisation danse/musique avec un autre musicien international, Keiji Haino. Cette dernière performance ouvre pour la Cie AToU un programme de résidence artistique de cinq ans à Vaulx-en-Velin. Cette période signe les créations de plusieurs œuvres, en collaboration avec des disciplines artistiques variées : WelCOME (architecture), SHiNMu (arts numériques), Mille Oasis (scénographie) et Love Me Softly / Kill Me Tender (DJ, texte et architecture)
Anan Atoyama explore également à cette époque la co-création avec un groupe de 380 personnes, en réunissant les différences d’âge, de culture, de corporalité, de personnalité et de genre. Parmi ses projets expérimentaux figurent le Défilé à la Biennale de la danse de Lyon 2016 et TransForme (2013-2017), ou les participants sont impliqués dans chaque composant des créations.
En 2017, elle collabore à nouveau avec Keiji Haino, pour une pièce impulsée par Carolyn Carlson, en hommage à Kazuo Ohno : Hidden Body, présenté en première à Fabrica Europa (Italie).
En 2019, elle initie un cycle de travaux croisant art et science avec Limpid Sun, une œuvre réalisée en collaboration avec le biologiste Pierre-Henri Gouyon du Muséum national d’histoire naturelle, présentée au Festival international d’art contemporain de Setouchi Triennal (Japon), puis le projet Dynamic Origin, invitée par Srinivas Lab (Laboratoire d’embryologie de l’université d’Oxford) de 2020 à 2021.
En 2022, elle débute un cycle de recherche sur les questions de migration qui voit émerger la performance Island without Sea. Inspirée par les récits de réfugiés et la Convention de Genève, cette performance applique les principes de sa méthode de co-création en temps réel, intitulée Création Directe. 400 personnes participent à la performance lors du Festival Contre-Sens (septembre 2024).
En Février 2026, elle présente à Paris sa nouvelle Création Directe, Atlas des Souffles, dont la thématique scientifique et sociologique est la montée du niveau des océans et l’impact sur les populations de ces territoires.
Composé de Viva Sanchez Reinoso et Pierre Dunand Filliol, le duo La Vis a conçu et produit plusieurs projets de musique expérimentale – au DAF Festival 2019 (Genève), à Librairie Humus (Lausanne), à l’Athénée 4, le festival makaronic (Genève), au FMIL (Festival des musiques improvisées de Lausanne) 2021 et pour un vernissage aux Grimaces éditions à l’API (Association du patrimoine industriel, Genève) à l’occasion de la parution d’un ‘livre-audio’.
Ses créations gravitent autour des musiques improvisée et électroniques issues de recherches particulières tant sur les modes de jeu que sur la préparation, la captation et l’augmentation du piano. Dans le domaine de l’improvisation électroacoustique, citons ses travaux à partir de partitions graphiques utilisant la synthèse modulaire et des lutheries alternatives. Sur le plan de l’enregistrement sonore, le projet « WSP » (Well Sampled Piano) s’intéresse depuis plusieurs années au piano préparé et échantillonné.
Les deux artistes font des séries d’enregistrements de l’instrument par le moyen de captations multiples et non-conventionnelles pour composer des pièces concrètes constituées de sons fixés ou objets sonores. Ils mènent ensuite un travail d’interprétation sur ces formes qui fonctionnent comme un fil guidant l’écoute et l’improvisation. L’accent mis sur la diffusion et la spatialisation par haut-parleurs en interaction avec les lieux de diffusion fait du concert un évènement global variable selon les lieux.







